L’école à la maison – La famille D.

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    clotilde granado
    Admin bbPress

    Entretiens réalisés les 28 et 29 mai 2020
    M et Mme D. sont parents de quatre garçons. Boualem, 10 ans, est en CM1 ULIS ; Bakir, 5 ans, est en Grande Section ; Nagib, 3 ans, est en Toute Petite Section et Ibrahim à 1 an et demi va à la crèche.
    Suite à des problèmes de santé, le papa a du changer de travail et est au chômage depuis janvier.

    Le confinement
    Le papa :
    « Depuis le début du confinement, je vais chercher le pain tous les jours. Pour le reste, on essaye de faire des courses pour plusieurs jours. Un de nous reste pour garder les enfants. On met un masque et on se lave les mains. Quand on rentre à la maison, on laisse les chaussures devant la porte, on se lave les mains et on change nos habits que l’on met directement dans la machine à laver.
    On a expliqué aux enfants qu’il y avait une maladie dangereuse, qu’on ne devait pas toucher n’importe quoi, qu’on ne pouvait pas descendre dans le parc pour s’amuser. Nagib se met toujours les mains à la bouche. Dans les magasins, au parc, il touche tout, par réflexe.
    Les enfants ne sont pas sortis de l’appartement pendant deux mois. C’était dur pour eux, mais nous, on s’inquiétait.
    Au tout début du confinement, je suis allé acheter une tablette pour Bakir parce que sinon, je savais que cela allait être la guerre entre les deux grands.
    Au supermarché, il y avait des gants à 15 euros. Je ne sais pas combien il y en avait dedans. J’ai juste dit : « Ils sont fous ». Il n’y avait pas de farine, pas de sucre, pas de carotte, pas de couche… et les prix, ils ont monté beaucoup.
    Ils ne sont ressortis qu’à partir du 25 mai, un petit peu. On a fait une petite fête chez ma sœur et mon frère. Puis on a fait un petit tour dans le quartier et on est rentré. Au début c’était moi qui allait faire les courses. Ma femme avait peur. Elle a beaucoup de craintes au niveau de l’hygiène. »
    La maman :
    « J’étais inquiète, pour moi et pour les enfants. Je me rappelle un jour où Nagib est rentré dans l’ascenseur et directement il a touché la barre. Oh là là ! Directement, il est rentré à l’appartement, je lui ai lavé les mains et je lui ai mis le gel sur les mains. Il m’a fait trop peur ce jour là.
    Après deux mois, j’ai commencé à sortir et sortir avec les enfants aussi. J’en avais marre de rester à la maison. Les enfants aussi. Il y avait des enfants qui sortaient. Nos enfants entendaient les enfants dehors et nous disaient : « Pourquoi on ne sort pas ? ». Nagib, il a 3 ans, il ne peut pas comprendre, alors il faisait des crises. Personne ne venait chez nous aussi. C’est seulement maintenant que les cousins viennent chez nous. On leur fait enlever les chaussures. Puis ils vont à la salle de bains. On se lave les mains avec le savon.
    On attend de belles nouvelles, que cette maladie disparaisse rapidement. Tout le monde est inquiet du problème de virus. »

    L’école à la maison
    Le papa :
    « Pour les devoirs, on a essayé de faire quelque chose de bien. On a essayé de faire les devoirs correctement.
    Sur le téléphone portable de ma femme, on nous a envoyé plein de documents. On a imprimé les devoirs sur l’imprimante pour les trois enfants. Une fois, il y avait 17 pages à imprimer pour 1 seul enfant.
    Au début, les enfants ne voulaient pas faire les devoirs, mais on a insisté parce que, sinon, les enfants font ce qu’ils veulent. On leur a dit que c’est pour leur bien, pour leur avenir, pour qu’ils sachent écrire, compter, lire.
    Je me rappelle, Bakir, par exemple, il devait écrire des « 5 », mais il n’y arrivait pas. Il les faisait comme des « J », il s’énervait. Normalement, il sait faire, mais là, j’ai remarqué qu’il avait un peu perdu l’équilibre. Il était pas comme d’habitude.
    Après deux semaines l’encre s’est finie. Alors, ma femme a téléphoné pour avoir les devoirs. Elle est allée les chercher à l’école.
    Depuis, le matin, on fait les devoirs pour Bakir et Boualem. L’après midi, les enfants n’ont pas le courage. Ils préfèrent des jeux, la télé ou la console.
    Quand ils retourneront à l’école ils ne seront pas perdus. Ils travaillent une demi-heure le matin, les deux grands ensemble. Mais ma femme ne peut pas s’occuper des deux en même temps, ça énerve un peu. »
    La maman :
    « C’est surtout moi qui fait les devoirs. Au début, c’était difficile pour moi parce que je ne connais pas le système de l’école en France. C’est pas comme chez nous, en Tunisie. C’est pour ça que je n’arrivais pas à faire les devoirs comme à l’école. C’était tout de suite : « Maman, je veux ça, Maman, regarde, Maman, Maman… » Je restais au milieu et les trois, ils disaient : « Maman » à chaque fois qu’ils écrivaient un mot ou une lettre. C’était obligé que je leur parle tout le temps. J’arrivais pas à faire avec les trois ensemble.
    Nagib, qui est en Toute Petite Section, ce qu’il veut le plus, c’est la pâte à modeler et les puzzles. On nous a prêté des puzzles : 9 pièces, 12 pièces, 16 pièces, 24 pièces. Il va chercher les puzzles, il les ramène et il les fait tout seul : à l’endroit, à l’envers, tous mélangés. Il fait aussi les dessins, mais pas trop le coloriage. Le jour de carnaval, la maîtresse, elle a envoyé une photo où elle était déguisée et le 1er avril, elle a envoyé des poissons d’avril, des images pour faire le poisson et le coloriage, mais nous, on n’a pas fait.
    Bakir est en Grande Section. Pendant le confinement, son maître envoyait des mails que je devais répondre. Au début j’imprimais les devoirs mais après il n’y avait plus d’encre dans les magasins. Je regardais les devoirs sur mon mail et après, je refaisais sur le papier, à la main. Après, j’ai acheté le cahier au supermarché avec des traits pour qu’il fasse les lettres dessus. J’ai aussi acheté un cahier pour le calcul pour faire petit à petit. Le maître envoyait aussi des histoires à lire avec des questions à poser après. Je posais les questions à Bakir, mais je n’ai pas envoyé les réponses au maître parce que je ne sais pas encore bien écrire en français. J’ai fait les devoirs « à ma façon ».
    Boualem est en CM1-ULIS et au DEAT. Pendant le confinement la maîtresse ULIS m’a appelée deux ou trois fois c’est tout, uniquement pour demander comment ça va les enfants, qu’est-ce qu’ils faisaient. L’éducatrice du DEAT a appelé tous les lundis et les jeudis. Elle parlait avec Boualem, elle parlait avec nous aussi. Il y avait un site avec des activités comme le sport ou des défis. Il les a faits une fois. Pour l’anniversaire de Boualem, on a envoyé une photo et les éducateurs lui ont renvoyé des messages

    Le soutien extérieur
    La maman :
    « Comme j’arrivais pas à faire avec tous les enfants en même temps, j’ai demandé à une personne d’ATD Quart Monde de chercher quelqu’un pour faire les devoirs. Elle m’a parlé de Florence qui nous a appelé sur WhatsApp.
    Florence est d’abord intervenue deux fois avec Bakir. Boualem a vu que son frère faisait les devoirs avec une maîtresse. Il était un petit peu jaloux. C’est pour ça qu’il a dit : « Pourquoi pas moi aussi ? ». J’ai dit : « Allez on va commencer avec toi : un petit peu toi, un petit peu ton frère. »
    Florence nous a proposé d’essayer avec Boualem. Boualem est un cas spécial. Il ne veut pas travailler, il ne veut rien faire, il ne veut pas faire les devoirs tout seul. Je suis obligée de les faire avec lui. Au bout d’un moment il commence à être un peu énervé et il n’arrive pas à suivre normalement. »
    Le papa :
    « Et ça a bien marché avec Florence. Au départ c’était dur pour lui à s’y mettre. Ma femme lui a mis un peu la pression pour qu’il résiste à travailler. Florence a testé mon fils pour savoir son caractère, sa mémoire comment elle est ? comment il réagit ? comment il réfléchit, comment il travaille, et elle a vu ce qu’elle pouvait faire. On a aussi discuté avec elle. Elle nous a dit comment cela allait se dérouler pour travailler avec lui. Et maintenant, Boualem a appris beaucoup de choses. »
    La maman :
    « Florence appelle deux ou trois fois par semaine. Je suis obligée de rester à coté de lui pour qu’il travaille parce que c’est pas comme une maîtresse devant lui. Tout seul, il ne travaille même pas cinq minutes. Des fois, il a du mal à comprendre une question, alors, je répète les questions.
    Florence a vu comment était Boualem, qu’il avait beaucoup de retard. Il est en CM1 ULIS et il a beaucoup de difficultés. Il ne connaît pas l’alphabet, il n’arrive pas à faire les lettres. Elle a commencé du début début, comme en Grande Section.
    Il a bien travaillé avec elle. Il a appris beaucoup de choses. Il a commencé aussi à faire les mathématiques, petit à petit, avec des jeux. Maintenant il sait lire des petites syllabes, des petits mots. Ça fait des années qu’il était à l’école où il n’a rien appris. Depuis qu’il a commencé avec Florence il apprend bien. Il progresse.
    Elle appelle en vidéo sur le téléphone. Elle reste avec lui deux heures, de dix heures jusqu’à midi.
    C’est quelqu’un qui a l’expérience. Elle sait comment faire avec les enfants, comment leur apprendre, comment faire pour qu’ils se concentrent, comment réagir avec eux. A l’école Boualem fait les choses mais il ne comprend rien. Ce qu’il apprend à l’école, il le perd tout de suite. Il en reste rien dans sa mémoire. Avec Florence il apprend. S’il ne comprend pas, ce n’est pas grave, on refait encore une fois parce qu’elle sait s’il a compris ou non.
    Boualem est content des progrès qu’il fait, ça lui change. Il voit la différence. S’il continue avec ce rythme, j’espère bien qu’il va apprendre à lire.
    Moi aussi, j’ai appris beaucoup de choses avec Florence. Je sais comment refaire les leçons de lettres, comment on les dit exactement. Avant, je demandais à la maîtresse qu’elle lui donne des devoirs. Je lui demandais comment aider Boualem, comment lui montrer, mais elle ne me disait rien.
    Maintenant je le fais travailler toute seule, sans Florence, les jours où elle n’appelle pas. Florence nous a aussi montré un site pour Boualem : « Alice en ULIS » Avec ce site, il peut relire les syllabes tout seul par exemple.
    Florence lui fait écrire des mots sans modèle, comme pour les dictées. Il a appris le mot, en le regardant bien et après il écrit sans modèle. Avant quand il écrivait, c’était tout collé, c’était pas un mot seul, puis un autre, mais tous ensemble. Maintenant, il a commencé avec les étiquettes qu’elle nous a envoyée, avec un mot par étiquette. Et il sait maintenant les écrire et les lire.
    On ne sait pas si Florence va continuer avec lui. Il faudrait qu’il reste avec elle. Elle lui a donné beaucoup de choses. Elle sait comment lui montrer, comment lui apprendre. Ça marche très très bien. Elle sait s’y prendre avec l’enfant. Ça me plaît trop.
    Maintenant, les enfants en ont marre. Ils nous demandent quand ils vont retourner à l’école. Boualem et Bakir vont reprendre bientôt, le 8 juin deux jours par semaine.
    J’ai demandé à la maîtresse ULIS qu’elle parle avec Florence pour faire la même chose. J’ai dit qu’il est très content quand il est avec elle et qu’il est très calme. J’ai aussi proposé à la maîtresse que Boualem vienne deux jours, lundi et mardi, à l’école, et qu’il continue jeudi vendredi avec Florence. J’ai dit à la maîtresse qu’il a appris beaucoup de choses, elle a rien dit. Elle m’a dit « c’est bien » mais c’est tout. Elle vient de nous envoyer un message pour dire qu’elle a parlé avec Florence des progrès qu’il a fait.
    Depuis 3 ans, Boualem a un traitement pour pouvoir rester concentré à l’école. Il le prend tous les jours à 7 heures du matin. Pendant le confinement, je n’arrivais pas à dormir la nuit et on se levait tard. J’ai arrêté de donner le médicament à Boualem. Et comme maintenant je vois comment il est bien concentré quand il est avec Florence, qu’il est calme quand il est avec elle, j’ai demandé un rendez-vous avec le médecin du CMP pour voir si on peut continuer sans les médicaments. A l’époque, je n’étais pas d’accord avec les médicaments. Si j’ai accepté, c’est uniquement pour l’école, pour qu’ils arrêtent de dire : « Il ne peut pas travailler. Il fait ça et ça et ça… Il lui faut un traitement. » Ils appelaient tout le temps et moi, ça m’énervait. »
    Florence (inspectrice de l’Education Nationale pour les écoles, à la retraite depuis 2 ans) :
    « J’ai répondu à un appel de la Présidente d’ATD Quart Monde lors d’une émission TV car j’avais été alarmée par l’annonce de la fermeture des écoles et, de fait, par la délégation aux parents des enseignements scolaires. Je sais d’expérience que l’accompagnement scolaire en dehors de l’école est source d’inégalité.
    Ayant été institutrice pendant 15 ans, je sais enseigner toutes les matières au niveau primaire (je peux m’adapter à tous les enfants) et trouver les situations pédagogiques propices pour qu’un enfant apprenne. Ayant été aussi Inspectrice pendant 17 ans, je connais le système scolaire de l’intérieur, ses relations avec ses partenaires et surtout les différentes situations familiales autour des élèves, en particulier celle de ces familles « éloignées » de la culture scolaire et des attendus implicites de l’École. J’ai pu constater, pendant une expérience de 7 ans comme Inspectrice en Éducation Prioritaire, que ces familles sont souvent maintenues par le système scolaire dans leur sentiment d’incapacité et d’incompétence. Or, sans l’adhésion et la confiance des parents, l’École fait avancer les enfants beaucoup moins bien et beaucoup moins vite.
    J’ai tenu compte de cette expérience professionnelle pour valoriser les parents de Boualem, leur culture, leur langue maternelle, leurs habitudes. Je les ai associés à chaque étape. La maman s’est avérée être une aide scolaire et un chef d’orchestre très efficaces, y compris pour me mettre en contact avec les autres intervenants autour de son fils.
    Je tiens à préciser que mes compétences n’auraient pas suffi, vu le contexte à distance, sans le relais et les aides assurés sur place par une personne d’ATD Quart Monde, qui a développé une relation de confiance avec la famille depuis plusieurs années. En effet, d’une part, j’ai bénéficié dès le départ de la confiance que la famille lui avait déjà accordée. Et d’autre part, j’ai pu compter aussi sur l’aide logistique apportée à la famille par cette personne (photocopies, jeux,…).
    Petit à petit, les parents et les enfants m’ont fait une place dans leur quotidien et leur intérieur, ce qui n’était pas évident pour eux, je pense. Je leur ai fait aussi une place dans mon quotidien et mon espace de confinée car ma fille, confinée avec moi, me demandait souvent, pour s’organiser elle-même dans la maison : « Quand travailles-tu avec Boualem ? ». Un livreur est venu alors que j’étais en ligne avec Boualem et il m’a entendu lui parler. Il m’a dit que c’était chouette que j’aide un enfant pour l’école car lui-même était confronté à « l’école à la maison » pendant le confinement et était inquiet des conséquences pour ses enfants.
    Toute la famille se mobilise pour ces deux heures avec moi. Je suis impressionnée. Je ne leur mets pas la pression non plus, sinon ils lâcheraient. Comme ils ne se pensent pas compétents, ils mettent encore plus d’espoir dans l’école.
    Au départ, les parents disaient de Boualem : « Il ne peut pas. », alors qu’ils se rendent compte maintenant qu’il peut. Il arrive à rester concentré pendant deux heures avec moi en face à face.
    La première fois, au bout d’une heure, il m’a dit qu’il avait très très soif. Je lui ai dit que c’est parce que son cerceau chauffait beaucoup. Il est épuisé parce que je ne le lâche pas. Il prend confiance. Comme il voit qu’il y arrive, c’est comme un cercle vertueux. Du coup, il fait des efforts. D’une séance à l’autre, il oublie, mais on ne recommence pas de zéro à chaque fois.
    Une fois, on a compté de 5 en 5 jusqu’à 60. Ce n’est pas rien ! Pour y arriver, il a fallu recommencer plusieurs fois à compter, de plus en plus vite. Quand son papa s’est aperçu de cela, il était épaté. Et quand Boualem a vu que son papa était content, il était content aussi. Il a fait plus d’effort.
    J’ai rendu mon enseignement très très explicite avec la maman. Elle a acquis des compétences. L’année prochaine, Bakir sera en CP. Elle va être très compétente pour suivre son enfant avec ce qu’elle a appris cette année en étant avec nous. Elle connaît les étapes d’apprentissage de la lecture, à force de m’entendre faire et de le reprendre.
    Avec les parents, à chaque fois que l’on a eu un contact, j’ai toujours posé une question pour voir s’ils avaient besoin de parler de quelque chose. La confiance, c’est important pour le travail que j’ai fait avec Boualem. Si je n’avais pas eu la confiance des parents, je n’y serais pas arrivée.
    J’ai dit que j’allais préparer une fiche de synthèse de ce que j’avais fait avec Boualem, comment j’avais procédé et surtout où il en était maintenant dans les processus d’apprentissage. Je lui ai dit que Boualem apporterait le cahier que l’on a commencé ensemble et qu’il serait bien de continuer dans le même cahier. »
    L’orientation scolaire
    La maman :
    « Il y a trois ans que Boualem est dans une classe ULIS. L’année dernière, il allait dans une classe ordinaire mais plus cette année. L’année prochaine il doit aller en CM2. On attend une place en IME depuis 2 ans. C’est moi qui appelle pour savoir s’il y a une place.
    Pendant le confinement, les IME étaient fermés. C’est juste maintenant que j’ai parlé avec les secrétaires. Elles ont dit qu’elles allaient parler avec les assistantes sociales. Ils ne savent pas s’il y aura une place.
    J’insiste pour lui. Qu’il prenne sa place au lieu de perdre une année encore. A l’IME, c’est « tous ensemble » c’est pas juste lui qui a un travail différent et qui ne comprend pas pourquoi c’est pas comme les autres.
    Les IME sont loin. Ils organisent un ramassage en minibus mais c’est loin aussi. On n’a pas de voiture, nous n’avons que le bus. J’ai demandé s’il pouvait prendre un taxi. Ils ont dit « Non ». »
    Florence :
    « J’ai confirmé à la maman les capacités d’apprentissage de son fils : il est gentil, appliqué, est capable de concentration et de persévérance (sans ses médicaments !). Il peut apprendre s’il est correctement accompagné. Il bénéficierait totalement d’une orientation en IME le plus rapidement possible car l’ULIS ne convient plus.
    S’il est pénible dans la classe, c’est parce qu’il est en échec. Il est malheureux. Il veut que l’on soit avec lui parce qu’il n’y arrive pas. Il est capable d’apprendre, mais il s’est mis en tête qu’il échoue depuis tant d’années. Alors, si on ne lui donne pas quelque chose d’adapté à son niveau, ce n’est même pas la peine.
    Il serait vraiment très utile et efficace qu’on s’associe avec la maîtresse pour faire progresser Boualem avant la fin juin et en préparation de son orientation en IME… 
    Boualem prend une place en ULIS, alors qu’il devrait être ailleurs (cf . orientation posée par la MDPH). Et chacun se repasse le « truc » : « J’ai pas de place, donc tu le gardes ». 
    L’inconvénient, c’est que, puisqu’il a une solution, il n’est peut-être plus prioritaire pour un IME. Si l’ULIS lui est refusée et qu’il ne va plus au DEAT, il deviendra peut-être enfin prioritaire pour un IME !
    Par ailleurs, je me demande s’il n’est pas possible de demander à la MDPH de doter Boualem d’un « matériel pour aide humaine » : un ordinateur + connexion internet qui faciliterait une aide scolaire, qui le ferait bénéficier des supports en ligne très intéressants (LUMNI notamment, les albums de l’École des Loisirs) que le confinement a mis en lumière.
    L’aide que je peux apporter à Boualem et ses parents me permet de renouer avec cette envie d’aider d’autres enfants comme je l’ai été moi-même par l’Ecole. Si je peux aider aux réflexions d’ATD Quart Monde, c’est avec plaisir… »

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