Vous trouverez dans cette Lettre : des témoignages reçus à l’issue de la journée de clôture et de restitution de la recherche participative CIPES, ainsi qu’une revue de presse de l’événement qui s’est tenu le 24 janvier ; la publication du rapport de cette recherche ; les interventions de l’équipe de coordination et des conseils de lecture.

Journée de restitution et de clôture de la recherche participative

Grâce au soutien et à l’implication de l’Académie des sciences, le samedi 24 Janvier 2026, a eu lieu la journée de restitution de la recherche participative CIPES.
Des personnalités du monde de l’éducation sont également intervenues : Jean-Paul DELAHAYE (inspecteur général honoraire), Najat VALLAUD BELKACEM (ancienne ministre de l’Éducation nationale), Laure SAINT-RAYMOND (académicienne), Grégoire BORST (Chercheur, directeur du LaPSydE) et Laurence De COCK (historienne et chercheure en sciences de l’éducation).
La journée a été ouverte par un temps de chant en commun, accompagné à la guitare par le chef de chœur Yann Wimart. Ce chant partagé nous a permis de faire connaissance de manière informelle, de connecter les participant·es entre elles et eux en favorisant un sentiment de cohésion et d’engagement collectif.
Étienne Ghys, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, et Pierre Léna, académicien, ont alors pris la parole pour accueillir les participant·es dans leurs locaux et rappeler le sens du partenariat entre la recherche CIPES d’ATD Quart Monde et l’Académie des sciences.
Marie-Aleth Grard a ensuite introduit cette journée en soulignant le choix retenu de regards croisés pour rendre compte de cette recherche participative. Son propos introductif a été suivi de la projection d’une capsule vidéo de 8 minutes qui en donnant la parole aux différent·es acteurs·trices de la recherche participative -équipes enseignantes, militant·es Quart Monde, chercheur·es- a permis de retracer les principaux axes travaillés au long des six années de recherche.
Puis Jean-Paul Delahaye, inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale et ancien directeur général de l’Enseignement scolaire a pris la parole. Citant Jean Jaurès : « Quiconque ne rattache pas (…) le problème de l’éducation à l’ensemble du problème social se condamne à des efforts ou à des rêves stériles », il a rappelé que la France demeure l’un des pays de l’OCDE où l’origine sociale pèse le plus sur les scolarités. La fraternité nécessaire pour la réussite scolaire de tou·tes se heurte à des intérêts particuliers qui n’ont pas forcément envie que l’école se transforme et font des propositions d’intensification du tri et de sélection précoce. La question de la réussite de tou·tes est certes, mais pas seulement, une question sociale et une question pédagogique mais elle est aussi et surtout une question politique : choisir la coopération et le commun ou favoriser la compétition et la sélection précoce ? Une école de la culture pour tou·tes ou une école qui fracture ? C’est pourquoi il y a urgence car quand l’humiliation scolaire vient renforcer une situation d’exclusion et d’injustice sociale, c’est notre pacte républicain qui est en danger. Le seul choc dont nous avons besoin à l’école, c’est un choc citoyen de fraternité.
Les militant·es Quart Monde impliqué·es dans la recherche CIPES ont contribué à la rédaction du rapport et la journée de restitution a été l’occasion pour chacun·e de lire un extrait de son article. Ainsi, après l’intervention de Jean-Paul Delahaye, Jacqueline Steg s’est exprimée sur l’approche et l’apport singulier des militant·es Quart Monde dans cette recherche et Émilie Izla a souligné l’importance de davantage informer les parents et de casser jugements et idées toutes faites.
Après que quelques paroles d’élèves, issues des entretiens réalisés lors de la recherche, aient été lues par Sofia Martinez et Christine Saincy, membres de l’équipe de coordination CIPES, une première table ronde animée par Michelle Olivier s’est tenue sur le thème de « La relation école-famille ». En effet lors de nos rencontres CIPES, cette question est apparue rapidement et régulièrement à chaque session de travail. Et parce que les équipes enseignantes ont conscience de son importance, plusieurs d’entre elles ont choisi d’en faire un axe de travail prioritaire de leur projet CIPES. La table ronde réunissait des personnes qui ont participé à la réflexion, chacune à leur manière, de là où elles peuvent agir : Julia Dupraz, enseignante à l’école maternelle Paul Rivet ; Catherine Hurtig-Delattre, accompagnatrice de l’école Albert Camus à Villeurbanne ; Franck Lenfant, militant Quart Monde de Nogent-le-Rotrou ; Nathalie Maire, enseignante à l’école maternelle Alain Fournier à Lyon et Pascale Mermet-Lavy, formatrice AGSAS, accompagnatrice de l’école maternelle Paul Rivet à Oyonnax.
Le premier tour de table a porté sur les raisons pour lesquelles les écoles ont décidé d’inclure le sujet de la relation école-famille dans leur projet CIPES, en particulier s’agissant de familles en situation de grande pauvreté. Les questions de l’accueil, de la communication, d’activités impliquant les parents, de la co-éducation (une relation de mutualisation où toutes les personnes qui s’occupent d’un enfant, qui l’éduquent, mettent ensemble leurs idées, leurs énergies, leur manière de travailler) ont été ainsi abordées.
Un deuxième tour de table a permis à chacun·e de présenter une ou deux actions mises en œuvre dans les écoles au cours de la recherche en soulignant les facteurs de réussite.
Enfin ont été abordées les préconisations, les outils et dispositifs proposés pour que les fruits de la recherche CIPES essaiment. Comme l’a dit Franck Lenfant en conclusion « ça a permis que les parents n’aient plus peur des enseignants et de l’école, et que l’école et les enseignants n’aient plus peur aussi des parents. Parce que si on a peur les uns envers les autres, ça n’avancera jamais. »
À l’issue de cette table-ronde, Georges Mouton, militant Quart Monde, est intervenu sur le fait que la voix des parents a été entendue grâce aux travaux, aux temps d’échange et de réflexion dans le cadre de la recherche CIPES. Un extrait de l’article de Murielle Gelin, militante Quart Monde, a été lu, soulignant l’importance que l’enfant soit présent quand on parle de lui et que l’ensemble de la communauté éducative se centre sur l’élève.
D’autres phrases d’élèves ont été lues avant que, en fin de matinée, Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Éducation nationale, ne s’exprime sur là où doit aller l’école, sur ce qu’il faut absolument favoriser pour que les enseignant·es ne se retrouvent pas démuni·es. Parmi les idées évoquées, on peut citer notamment la nécessité absolue de développer la formation des enseignant·es et de rompre l’isolement en reconstruisant une communauté éducative par la coopération mais aussi en sortant l’école de l’isolement face à son environnement, aux familles, aux quartiers. Elle a souligné également la nécessité de ne pas se laisser dicter une soi-disant opposition entre bienveillance et exigence, d’en finir avec des évaluations conçues pour classer et sanctionner. Et parce que la pauvreté ne s’arrête pas à la grille de l’école, c’est essentiel de concevoir l’école comme le cœur d’un réseau de solidarité et de repenser notre regard sur la pauvreté. Les familles populaires ne sont pas un problème à résoudre, mais une partie de la solution : ce sont celles qui connaissent le mieux les dysfonctionnements, les humiliations, les angles morts. Donc les écouter, c’est un acte d’intelligence politique. La direction que devrait prendre l’école est celle du respect, de la coopération, de la lucidité, du courage ; une école qui n’évalue pas pour trier, mais pour comprendre ; qui ne juge pas les familles, mais les associe ; qui ne cherche pas à améliorer une courbe et une statistique, mais à changer des vies. Une école capable de regarder un enfant pauvre non comme un absent de la République mais comme un acteur de son renouveau, du renouveau d’une école capable de tenir la promesse d’égalité de la République.
Après le buffet partagé, Grégoire Borst, chercheur et directeur du LaPsyDÉ (laboratoire de psychologie du développement et de l’éducation de l’enfant) est intervenu sur l’importance des émotions des enfants dans les apprentissages.
Le plaisir qu’on peut avoir à s’engager dans une situation d’apprentissage, c’est la motivation intrinsèque. Elle est importante à cultiver parce que tout apprentissage nécessite des efforts. Et puis il y a évidemment les émotions négatives, par exemple quand on fait une erreur. Ce n’est pas grave de faire une erreur, c’est consubstantiel à l’apprentissage, on ne peut pas apprendre sans faire d’erreurs. Le paradoxe, c’est qu’à partir du moment où on entre dans les apprentissages scolaires, le retour sur l’erreur devient quasi systématiquement négatif.
En sensibilisant les élèves au fait que l’organe qui leur permet d’apprendre, le cerveau, est en perpétuelle évolution, on peut progressivement déconstruire ces représentations implicites sur les apprentissages.
La deuxième étape, c’est peut-être de sensibiliser davantage les enseignant·es à la réalité des inégalités scolaires et éducatives. Dès l’entrée à la maternelle, il y a déjà des inégalités extrêmement fortes, notamment dans l’acquisition du langage oral. Certaines caractéristiques du milieu impactent le développement du cerveau : quand on se développe dans un environnement soumis à une précarité forte, on est beaucoup plus soumis·e à un stress chronique qui impacte le développement des systèmes émotionnels. Très tôt, on va développer des anxiétés disciplinaires et ça va impacter les performances et les acquisitions dans un certain nombre d’apprentissages.
Si on veut une école qui permette réellement aux élèves de milieux sociaux moins favorisés de réussir, il faut repenser en profondeur les évaluations et développer les compétences psychosociales pour permettre à tous les enfants de mieux gérer leur stress et d’éviter ainsi de développer ces anxiétés disciplinaires.
Patricia Viardot, militante Quart Monde, a lu un extrait de son article évoquant les problèmes que certains enfants ont pour lire, écrire, parler. Quelques paroles d’élèves ont également été lues.
En introduction à la deuxième table ronde consacrée au thème « Exclusion vs bien-être de l’élève », une phrase d’élève de CM2 a été lue par Christine Campoli, animatrice de cette séquence : « Quand tu vis dans la pauvreté, tu as comme un fardeau à te dire dans ta tête que tu ne dois pas rater. Si tu vis dans la rue, tu ne dois pas rater tes études. Mais si tu te dis trop ça, tu ne vois pas voir la vie passer devant toi. C’est dur d’aller à l’école quand tu es pauvre et que tu as ça dans la tête. Il faut se dire que l’école, elle n’est pas seulement là pour aller à fond, elle est là aussi pour vivre avec les autres. »
Le fait d’êtret dans le cadre d’une recherche participative avec, en particulier, la participation des militant·es Quart Monde a permis de comprendre ces phénomènes d’exclusion examinés avec les contributions de : Rose Join-Lambert, formatrice de l’AGSAS ; Marielle Nzondo, enseignante à l’école Albert Camus de Villeurbanne ; Béatrice Mouton, militante Quart Monde de Feyzin ; Lucie Mougenot, chercheuse, professeure des universités à l’université Picardie-Jules Verne à Amiens ; Charline Ouattara enseignante à l’école Anne Frank à Mons-en-Barœul.
Après l’intervention de Béatrice Mouton sur ce que vivent les élèves de familles en situation de pauvreté à l’école, sur les phénomènes d’exclusion, de mal être, de mise à l’écart et sur la honte ressentie, la table ronde s’est intéressée aux pratiques pédagogiques, en particulier Freinet, plus que d’autres susceptible d’éviter ces phénomènes d’exclusion et de mal-être pour que les enfants se sentent mieux et puissent réussir.
La recherche CIPES a contribué à ouvrir le regard des enseignant·es notamment sur le bien-être de l’élève à l’école, comment le favoriser et lutter contre les exclusions ou mises à l’écart. Elle a aussi permis d’analyser comment la grande précarité pouvait être un facteur aggravant dans ce manque de bien-être à l’école.
Les échanges ont également porté sur actions développées au quotidien dans les écoles, dans les classes, pour que ces élèves issu·es de familles en situation de grande précarité ne soient pas humilié·es, n’aient pas honte. Il a été évoqué notamment de mieux faire agir le maillage territorial mais aussi de travailler le thème de la sécurité matérielle bien sûr mais aussi psychologique de l’enfant quand il ou elle arrive à l’école. Pour être en sécurité, il faut qu’il ou elle se sente accueilli·e et que sa famille le soit aussi telle qu’elle est. C’est la reconnaissance qui est le premier facteur de bien-être.
La question de l’évaluation a également été abordée avant de s’interroger, en fin de table ronde, sur la difficulté, voir l’impossibilité d’imaginer le bien-être ou le bien grandir des élèves sans penser le bien-être des enseignant·es. Question pertinente dans une institution qui est loin d’être bienveillante…
Georges Mouton, militant Quart Monde, est intervenu après quelques paroles d’élèves. Il s’est exprimé sur les observations qu’il a pu faire dans des classes de CP et les différentes expériences ainsi vécues.
Laure Saint-Raymond, mathématicienne et académicienne, a ensuite présenté le projet « L’école dont nous rêvons » conduit par l’Académie des sciences.
Une École républicaine, c’est une École avec un enjeu de liberté qui veut dire pour chaque élève des compétences mais aussi un esprit critique pour être libre ; en termes de liberté, il y aussi la question de l’orientation choisie.
Une École républicaine qui pose deux questions : est-ce qu’on met les mêmes enseignant·es face à tou·tes les élèves ? Et a-t-on une proposition intégrale pour tou·tes les élèves (les devoirs qui devraient être faits à l’école mais aussi les propositions culturelles, sportives et citoyennes…) ?
Une École républicaine, c’est enfin une École de la fraternité, du vivre-ensemble, de la mixité, ce qui pose la question de comment on valorise la diversité et comment on fait rentrer à l’école la culture des enfants.
L’École dont on rêve se décline en cinq grands axes : un, il faut du temps. Deux, il faut des compétences (compétences des élèves mais aussi compétences et formation des enseignant·es). Trois, il faut de la responsabilité partagée : l’élève peut être acteur·trice de sa scolarité, les parents sont acteurs aussi et les enseignant·es également. La responsabilité est à partager au sein de la communauté éducative. Quatre, faire du collectif : collectifs enseignants, avec les partenaires de l’école, les mouvements d’éducation populaire, les réseaux médico-sociaux, les collectivités territoriales… Cinq, l’attention aux plus vulnérables : prendre en compte toutes ces situations de vulnérabilité, s’adapter à chacun·e plutôt que de vouloir faire rentrer tout le monde dans le même moule.
La parole a ensuite été donnée à Laurence De Cock, historienne et chercheure en sciences de l’éducation. En tant que Grande témoin, elle s’est attachée à trois piliers énoncés en début de journée, en référence à la fable de La Fontaine, Le laboureur et ses enfants : l’héritage, le partage et le courage.
L’héritage d’abord d’ATD Quart Monde, rappelant à titre d’historienne qu’il n’y a pas de pédagogie sans le sentiment de justice sociale chevillée au corps. Éduquer, enseigner, dans et hors l’école, c’est se soucier irrémédiablement de justice sociale. C’est aussi évidemment les héritages sociologiques dont il a été question : les familles, les cultures familiales qui sont parfois très éloignées des attentes de la culture scolaire et constituent un héritage sociologique très difficile à déjouer : ce sont des enfants qui se disent au quotidien « je suis celui qui ne sait rien » alors que le travail de CIPES part du postulat que au contraire l’enfant devrait se dire « je suis celui qui ne sait pas qu’il sait ».
Cela amène à la question du partage : comment donner de la dignité à des savoirs alors que les détenteurs et détentrices de ces savoirs ne savent pas qu’ils·elles les ont. Le fait d’avoir, avec les militant·es Quart Monde, des « passeurs » entre le monde de la famille et le monde de l’école est à cet égard extrêmement précieux « Vous êtes ceux qui débusquent les invisibles ». C’est une démarche de grande générosité, une démarche de grand partage. Et comme la question du partage est aussi une question pédagogique, il faut saluer la réussite de la pédagogie Freinet qui marche vraiment avec les enfants des classes populaires.
Enfin sur le courage Laurence De Cock a souligné celui des enfants mais aussi celui des militantes et militants d’ATD Quart Monde dans leur prise de parole publique avec conviction malgré l’angoisse que peut susciter cet exercice compliqué. Et puis le courage dont nous allons tou·tes avoir besoin parce qu’en plus du tri social auquel nous avons déjà du mal à remédier plane maintenant le danger du tri national. Donc l’heure est à l’urgence et aussi sans doute à la résistance. Et c’est donc de ce courage-là dont nous allons avoir besoin.
Pour conclure cette journée, Marie-Aleth Grard a fait une rapide présentation du rapport de la recherche participative CIPES : « École et grande pauvreté : lutter contre les discriminations – Croisement de regards sur une recherche participative. » Parmi les préconisations citées en fin de rapport, on citera notamment des pratiques pédagogiques renouvelées et une relation école-famille apaisée. Cela suppose de changer de regard sur la pauvreté, de prendre en compte des implicites qui excluent les élèves les plus éloigné·es de l’école, de privilégier des pratiques fondées sur la coopération et l’entraide entre les élèves. Pour la relation avec les familles, il faut la co-éducation au sens plein du terme, l’écoute et l’accueil de tous les parents, la reconnaissance de leurs capacités et compétences, toutes nécessaires pour faire grandir et réussir tous les enfants. Il faut aussi imaginer ensemble de nouveaux outils pour mieux communiquer.
Cette journée s’est achevée par les remerciements adressés à toutes les personnes, organisations et partenaires qui ont contribué à la richesse et à la réussite de la recherche participative CIPES.
Témoignages des participant·es
Marie BRASSELET, enseignante à l’école élémentaire Hélène Boucher, Mons-en-Barœul
2019 – 2026, après 6 années à cheminer, nous nous retrouvons à l’Académie des sciences. Quel honneur et quel bonheur de se retrouver dans ce lieu majestueux, invités à présenter des solutions pour améliorer la scolarité des familles les plus précaires, là où habituellement la pauvreté n’a pas droit de cité. Tout au long de cette journée, des témoignages, des présentations de chercheurs et chercheuses, de militants et militantes ATD, d’Académiciens et d’Académiciennes se sont succédés sur un pied d’égalité et nous ont nourris. Nous montrant, encore une fois et si c’était encore à prouver que, quel que soit son statut, chacun avait quelque chose à apporter.
À nous, enseignants et enseignantes de partager et faire vivre cette « posture CIPES », pour que chaque famille puisse « faire la paix avec l’école ». Cette recherche nous aura donné un horizon à atteindre, elle nous aura aussi conforté, nous enseignants militants Freinet, dans nos choix pédagogiques, démontrant, selon les mots de Laurence Decock, incroyable grande Témoin de cette journée, que « la pédagogie Freinet, ça marche », pour tous.
David DUMOND, Fédération nationale des conseils de parents d’élèves
La FCPE a été heureuse de participer à la journée de restitution de la recherche participative CIPES du 24 janvier 2026 dans le magnifique cadre de l’Académie des sciences.
Au côté des différents acteurs de la communauté éducative, des bénévoles et militants d’ATD Quart Monde, des différentes organisations et des experts, nous avons assisté aux échanges et pu nous rendre compte des résultats des travaux engagés sur plusieurs années.
La présence de la FCPE s’inscrit complétement dans le projet éducatif et dans l’histoire de notre organisation : une relation incontournable parents-école pour repousser toutes les formes de discrimination et renforcer la coéducation nécessaire à la réussite dans les apprentissages de toutes et tous et qui ne peut se construire sans une prise en compte effective des inégalités sociales, territoriales et scolaires. La première fédération de parents d’élèves continuera de porter la voix des parents d’élèves et défendre le droit à une École publique ambitieuse, émancipatrice.
En décembre 2024, La FCPE a organisé un colloque national, à Avignon, pour les responsables départementaux de la fédération sur la question de la grande pauvreté à l’école en lien avec les travaux de Jean-Paul Delahaye : « Ce que la pauvreté fait à l’école, ce que l’école fait de la pauvreté » avec la participation à une des tables rondes de la présidente de ATD Quart Monde. Les convergences entre nos organisations ne sont pas nouvelles.
Les échanges et témoignages de cette journée ont mis en évidence les expériences réalisées dans le cadre de cette recherche participative pour changer l’école. Des initiatives intéressantes, pour mieux comprendre les postures d’enseignants, les actions en direction des élèves et des parents et pointant ainsi la nécessité d’un climat scolaire apaisé pour co-construire une communauté éducative vivante et empathique, qui conserve l’ambition de la réussite scolaire de tous les enfants.
La FCPE salue le travail engagé et la mobilisation de tous les acteurs durant toute la durée de cette recherche. Elle se félicite des résultats des travaux de la recherche CIPES, car ils viennent confirmer que de nombreuses passerelles sont possibles entre nos organisations.
C’est par ces recherches que nous rappellerons que cela nécessite une volonté politique forte, inscrite dans la durée pour des politiques éducatives cohérentes, lisibles et dotées de moyens suffisants, permettant un accompagnement renforcé des élèves les plus fragiles. À ce titre, la place des parents doit être pleinement reconnue, non comme de simples usagers, mais comme des partenaires légitimes et indispensables du service public d’éducation.
Amandine FABRER, directrice à l’école Pasteur Sud et ancienne directrice à l’école Paul Rivet, Oyonnax
Samedi 24 janvier, un jour autant attendu que redouté… Après 5 années de recherche participative active, il a bien fallu en dresser le bilan. Un ressenti partagé entre l’appréhension d’en voir la fin approcher et le bonheur d’entrevoir une suite porteuse, en faveur de toutes nos familles et plus encore.
Comme chaque année, militants, chercheurs, équipe de coordination du projet CIPES et écoles engagées dans le projet, sont réunis. Cette fois-ci, le rendez-vous est donné à l’Académie des sciences, à Paris. À notre arrivée, une architecture impressionnante, un lieu que l’on sent chargé d’histoire, d’humanité et d’espoir. Quoi de mieux pour envisager l’avenir de ce merveilleux projet porté par l’association ATD Quart Monde ?
Nous nous sommes retrouvés, d’abord. Puis, nous avons visionné, écouté et pensé, encore…
Revivre ces moments forts partagés, entendre ces témoignages poignants qui font plus que sens à présent dans nos pratiques quotidiennes, entendre ma collègue Julia présenter les actions de l’école et leurs effets bénéfiques face à cette magnifique Assemblée et assister aux remarquables discours prononcés par les personnalités invitées ont été autant de moments précieux, gravés, qui nourriront nos actions et réflexions et maintiendront cet état d’alerte qui nous anime à présent face au quotidien de nos élèves et de leurs familles, pour mieux penser l’école, mieux les accueillir et ne laisser personne sur le côté. Je tiens à remercier chaleureusement ATD, Marie-Aleth, ainsi que toute l’équipe de coordination, les militants, les équipes d’école et Sylvie Leone, notre chercheuse, qui nous a finement orientées vers l’école du mieux, l’école pour tous, l’école pour chacun.
Julien POIRIER, FSU-SNUipp
La journée de présentation des résultats de la recherche du CIPES, le 24 janvier, a constitué un moment important d’échanges entre chercheurs, professionnels de l’éducation et acteurs associatifs engagés dans la lutte contre les inégalités scolaires. En tant que représentant de la FSU-SNUipp auprès d’ATD Quart Monde, j’ai particulièrement retenu la richesse des témoignages et des analyses qui mettent en lumière les obstacles persistants rencontrés par les enfants issus des milieux les plus précaires.
Les travaux présentés rappellent combien la réussite scolaire reste étroitement liée aux conditions sociales et combien l’école, malgré l’engagement quotidien des personnels, peine encore à compenser ces inégalités. Les discussions ont souligné l’importance de mieux reconnaître l’expertise des familles vivant la pauvreté et de construire avec elles des relations de confiance, indispensables pour permettre à chaque élève de trouver sa place à l’école.
Pour la FSU-SNUipp, ces résultats confortent des revendications que nous portons de longue date : donner plus de moyens à l’école publique, renforcer les équipes pluridisciplinaires, réduire les effectifs par classe et soutenir les pratiques pédagogiques qui favorisent la coopération et l’inclusion.
Cette rencontre a aussi montré l’intérêt de poursuivre le travail commun entre le monde de la recherche, les organisations syndicales et les associations comme ATD Quart Monde. C’est à cette condition que l’école pourra progresser vers une réelle égalité des droits et des chances pour tous les enfants.
Maryline REMER, ancienne IA-DASEN de l’Ain
La journée de restitution de la recherche participative CIPES fut un grand moment de partage autour des enjeux d’une école accueillant chacune et chacun en égale dignité. Qu’il s’agisse des différents intervenants, militants présents, professeurs des écoles, enseignants-chercheurs, témoignages délivrés en direct ou paroles restituées des enfants, nous étions dans un temps précieux d’échanges d’une profonde humanité et dignité. Les propos des enfants, à eux seuls, constituaient une légitimation de la recherche, et surtout un moteur essentiel d’action pour les professionnels de l’Éducation nationale. Encore faut-il savoir porter sur eux, et leurs parents, le regard qui ne juge pas, le regard sans a priori, le regard qui n’est pas surplombant ou sachant… et force est de constater que tel n’est toujours pas le cas en dépit des efforts affichés de l’Institution sur la place des parents à l’école ou la coéducation ou l’égale dignité de toutes les voies pour apprendre.
Trois points qui m’ont marquée :
– le premier, personnel, a été l’immense plaisir de retrouver l’équipe d’Oyonnax et d’entendre parler des dispositifs mis en œuvre autour d’un projet élaboré à partir de la richesse linguistique. Fierté aussi de voir comment l’équipe, en dépit de vicissitudes de tous ordres, a pu tenir le cap et surtout transformer son regard, sa pratique, son accueil. On sait combien la posture de l’enseignant est déterminante pour établir la confiance, sentiment de sécurité indispensable pour apprendre ;
– le deuxième, qui en découle, est –presque- un lieu commun : l’importance de la formation continue des enseignants. L’approche de la précarité, de la vulnérabilité, l’éducation du regard à la bienveillance ne peut se faire en formation initiale. Trop de questions assaillent le futur enseignant, en particulier sur les contenus et la gestion de classe, pour qu’il soit à même de réfléchir à la pauvreté et à son impact à l’école. De quelle disponibilité pour les apprentissages peut disposer un enfant dont la famille est en situation de précarité ? Dans quel conflit de loyauté peut se trouver un enfant, entre l’école et sa famille ? Il faut être déjà assuré dans les gestes professionnels de base pour s’ouvrir efficacement à ces problématiques essentielles ;
– le troisième, fondamental, a été le retour des militants, d’abord sur leur vécu par rapport à l’école, trop souvent négatif, et de ce fait handicapant pour oser s’aventurer dans l’école des enfants, s’y exprimer. Grâce à la recherche CIPES, un croisement des regards a eu lieu, transformant la posture de chacune et chacun, parents, enseignants, au bénéfice des enfants. Il y a une place légitime pour chacune et chacun, pour œuvrer en faveur de ce qui se passe à l’école et qui aide à grandir. Un pas de plus vers le respect et la dignité, un pas de plus pour faire société et œuvrer au bien commun, à l’avenir commun.
Sonia ROUSSEL, enseignante à l’école élémentaire Albert Camus, Villeurbanne
Lors de cette journée de clôture de la recherche CIPES, j’ai été particulièrement touchée par les enseignements apportés par les militants et militantes. Les entendre parler de lutte contre la discrimination liée à la grande pauvreté dans une salle prestigieuse de l’Académie des sciences donnait une dimension particulière à leurs propos.
Mais surtout évoquer la pauvreté comme un facteur de scolarité dégradée dans un riche décor exclusivement orné de représentations masculines donnait une force particulière aux paroles des militantes. Cet écart souligne que si l’on souhaite que l’école favorise la scolarité de toutes et tous il faut rendre visible la diversité des parcours et des figures inspirantes masculines et féminines.
Dans ma pratique professionnelle, je retiendrai de cette restitution quelques points :
- Les gestes professionnels d’accompagnement et de bienveillance des enseignant·es, leur façon de condamner la discrimination dans la classe, a une valeur modélisante auprès de toute la classe.
- l’égal accès à la réussite scolaire passera par une essentielle valorisation de tous les élèves et de leurs parents.
- La parole d’un enfant, même décalée et « erronée » doit être respectée pour que l’élève ose trouver sa place dans la classe. L’école doit être créatrice de moments où l’élève a une place de passeur de savoirs.
Revue de presse

ATD Quart Monde, communiqué de presse, 23 janvier 2026
23 janvier 2026
https://www.atd-quartmonde.fr/actualites/communique-ecole-et-grande-pauvrete-lutter-contre-les-discriminations/

France Inter, journal de 13h
24 janvier 2026
France Inter – Le Journal de 13h – 24 janvier 2026 – 13:10

France Culture, journal de 18h « L’école échoue à atténuer les inégalités dues à l’origine sociale »
24 janvier 2026
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h-emission-du-samedi-24-janvier-2026-4581572

Le café pédagogique
26 janvier 2026
« L’école ne corrige pas les inégalités sociales »
26 janvier 2026
https://www.cafepedagogique.net/2026/01/26/marie-aleth-grard-lecole-ne-corrige-pas-les-inegalites-sociales/
« Pauvreté et déterminisme scolaire. Qui en parle ? »
26 janvier 2026
https://www.cafepedagogique.net/2026/01/26/pauvrete-et-determinisme-scolaire-qui-en-parle/

La Vie « Pourquoi la pauvreté continue-t-elle de déterminer des trajectoires scolaires dégradées ? »
26 janvier 2026
https://www.lavie.fr/actualite/societe/enquete-datd-quart-monde-pourquoi-la-pauvrete-continue-t-elle-de-determiner-des-trajectoires-scolaires-degradees-102739.php

SQOOL TV, Le grand JT de l’éducation « Grande pauvreté, un fléau dès l’école »
27/01/2026
https://www.sqooltv.com/videos/le-grand-jt-de-leducation-27-01-2026-grande-pauvrete-une-fleau-des-lecole/

Cahiers pédagogiques « École et grande pauvreté : ATD Quart Monde dévoile les résultats de six ans de recherche »
02/02/2026
https://www.cahiers-pedagogiques.com/ecole-et-pauvrete-atd-quart-monde-devoile-les-resultats-de-six-ans-de-recherche/

La Croix « Aller au contact des parents d’élèves pour rompre le cycle de la grande pauvreté »
07/02/2026
https://www.la-croix.com/societe/a-lyon-aller-au-contact-des-parents-d-eleves-pour-rompre-le-cycle-de-la-grande-pauvrete-20260207

Le Monde « Notre système éducatif met de côté les enfants touchés par la grande pauvreté »
10/02/2026
https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/02/10/notre-systeme-educatif-met-de-cote-les-enfants-touches-par-la-grande-pauvrete_6666078_3224.html

Que peut l’école contre la pauvreté ?
Alternatives Économiques, Philippe Watrelot 12/03/2026
https://www.alternatives-economiques.fr/philippe-watrelot/que-peut-lecole-contre-la-pauvrete/00117823

Lutter contre le déterminisme social
Extrait du VEN n°601 14/04/2026
https://cemea.asso.fr/des-publications/vers-l-education-nouvelle/lutter-contre-le-determinisme-social
À venir, en septembre 2026, un podcast sur la recherche participative CIPES.
Interventions de l’équipe de coordination
- 14/06/2025 – Présentation des actions CIPES lors de l’Assemblée générale du Mouvement ATD Quart Monde, Paris.
- 03/07/2025 – « La grande pauvreté et son impact sur la scolarité ». Intervention auprès des professeur es de trois collèges, Guillerand Granges.
- 04/07/2025 – Présentation d’ATD Quart Monde et de la recherche participative CIPES à l’Assemblée générale de l’AGEEM, Colmar.
- 26/09/2025 – Présentation de la recherche participative CIPES à l’Assemblée générale d’AIRe ITEP, Dijon.
- 01/10/2025 – Présentation de la recherche participative CIPES lors du Séminaire des cadres de l’Éducation nationale du département, Laon.
- 04/10/2025 – Présentation d’ATD Quart Monde et de la recherche participative CIPES au Congrès de l’AFPEN, Epinal.
- 18/10/2025 – Formation d’étudiants de l’INSPE « La connaissance de la grande pauvreté », Lyon.
- 13/11/2025 – Présentation de la recherche participative CIPES au Congrès de la CFDT Éducation Formation Recherches Publiques, Bordeaux.
- 09/12/2025 – Formation pour les formateurs et élèves de la médiathèque. INSPE, Lyon.
- 06/01/2026 – Soirée formation en visio pour ATD Quart Monde sur la recherche participative CIPES.
- 28/01/2026 – Intervention au Festival de l’Apprendre, Lyon.
- 26/02/2026 – École Albert Camus : première présentation de CIPES aux partenaires et collège, Villeurbanne.
- 17 et 18/03/2026 – Sensibilisation d’enseignant·es stagiaires du second degré dans le cadre d’un module consacré aux valeurs de la république « Grande pauvreté : lutter contre les discriminations à l’école », INSPE d’Antony et de Nanterre.
- 25/03/2026 – Sensibilisation d’enseignant·es du second degré Grande pauvreté « Lutter contre les discriminations à l’école ». Plan de formation Grande pauvreté et réussite scolaire, académie de Versailles, Saint-Cyr l’École.
- 28/03/2026 – Ateliers de restitution de la recherche auprès d’enseignant·es, de membres de l’institution et de militant·es Quart Monde. Rencontres nationales du réseau école d’ATD Quart Monde, Laval.
- 31/02/2026 – Séminaire réussite éducative à l’invitation du DASEN à Bron, Lyon.
Modules de sensibilisation à la demande de l’Éducation nationale
Nous préférons utiliser ce terme de sensibilisation plutôt que celui de formation au vu du temps consacré (entre 3 et 6 heures).
Lors de ces temps de sensibilisation pour des personnels du second degré, nous avons observé que ce public était diversement accessible et intéressé en fonction, essentiellement, du moment de leur parcours professionnel où ce module leur est proposé. Majoritairement, les enseignant·es stagiaires sont peu réceptif·ives. Leur recul sur les types de public est encore très faible, il leur est difficile de prendre de la distance autour de cette question des inégalités scolaires liées à l’appartenance à un groupe social particulier. Leurs préoccupations, en tant que débutant·es dans le métier, se tournent davantage vers les contenus disciplinaires et la tenue de la classe. Cela rejoint les propos de Maryline REMER, cités plus haut.
Les enseignantes de lycée professionnel font toutefois exception : celles que nous avons rencontré, même débutantes, ont indiqué une grande proximité avec les constats et recommandations de la recherche CIPES. Elles sont engagées, auprès de leurs établissements respectifs, dans des projets qui poursuivent des objectifs assez similaires à celui de CIPES, c’est à dire de mettre en œuvre des dispositifs pédagogiques de nature à ne laisser aucun·e élève de côté et d’entretenir des relations de grande proximité avec les familles de ces élèves, souvent orienté·es là par défaut.
Concernant les personnels ayant accumulé une certaine expérience, nous avons observé que leur intérêt est plus marqué, ils peuvent trouver plus facilement des situations proches de ce qui est présenté dans la recherche participative CIPES. Ils se montrent en général plus attentifs aux recommandations issues de la recherche, et se prêtent plus volontiers à une réflexion sur la manière de les transposer dans le second degré.
Nous nous étonnons et regrettons de ne pas recevoir d’avantage de demandes de formation/sensibilisation à destination des personnels du premier degré, alors que la recherche s’est déroulées à ce niveau.
Conseils de lecture

École et grande pauvreté : lutter contre les discriminations.
Croisement de regards sur une recherche participative.
Éditions Quart Monde
Janvier 2026
Dirigé par l’équipe de coordination CIPES
Acheter l’ouvrage (10€ + frais de port) : https://www.atd-quartmonde.fr/produit/ecole-et-grande-pauvrete-lutter-contre-les-discriminations-32/
Télécharger le pdf : https://nextcloud.atd-quartmonde.org/index.php/s/sCD9PSQk2SB5zMS

Si on vous dit « école » de quoi rêvez-vous ? Manifeste L’École dont nous rêvons suivi de l’Abécédaire de l’École
Laure Saint-Raymond, autrice ; Académie des sciences , direction de publication ; Les Cinq sur Cinq, illustrations Janvier 2025, Les collections du citoyen, Maison d’édition : NANE EDITIONS
Ce recueil est une invitation à rêver, repenser et construire une École ambitieuse et inclusive pour le XXIe siècle.
Issu des réflexions d’un collectif libre et indépendant soutenu par l’Académie des sciences, cet ouvrage rassemble des idées, des valeurs et des propositions concrètes pour transformer le système éducatif.
https://www.nane-editions.fr/produit/145/9782843682650/si-on-vous-dit-ecole-de-quoi-revez-vous

Lettre à une enseignante. Les enfants de Barbiana.
Avant-propos de Pier Paolo Pasolini
Préface de Laurence De Cock Août 2022, AGONE
Édité pour la première en français en 1968, épuisé depuis la fin des années 1970, ce classique oublié rappelle la relégation toujours d’actualité des enfants pauvres. Mais ici la critique de l’école reproductrice d’un ordre social injuste est formulée par ceux qui le subissent.
