Livres

Voici une sélection d’ouvrages sélectionnés par l’équipe de coordination, en lien avec les thématiques du Projet CIPES.


Les enfants de Barbiana. (1967). Lettre à un enseignante. Coll. « Mémoires sociales ». Agone. pp. 208.

Édité pour la première en français en 1968, épuisé depuis la fin des années 1970, ce classique oublié rappelle la relégation toujours d’actualité des enfants pauvres. Mais ici la critique de l’école reproductrice d’un ordre social injuste est formulée par ceux qui le subissent.

« Chère Madame,

Vous ne vous rappellerez même pas mon nom. Il est vrai que vous en avez tellement recalés. Moi, par contre, j’ai souvent repensé à vous, à vos collègues, à cette institution que vous appelez l’“école”, à tous les jeunes que vous “rejetez”. Vous nous rejetez dans les champs et à l’usine, et puis vous nous oubliez.

Il y a deux ans, en première année à la Normale, vous m’intimidiez. J’ai d’abord pensé que c’était une maladie que j’avais, ou que peut-être ça tenait de ma famille. Plus tard j’ai cru que la timidité était un mal des pauvres, que les ouvriers laissent aux fils à papa tous les postes de commande dans les partis et tous les sièges au parlement. La timidité des pauvres est un mystère qui remonte à loin… »

(Résumé des Éditions Agone).

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CORBION Sylviane (2020). L’école inclusive. Entre idéalisme et réalité. Érès, pp. 256. Coll. « Connaissances de la diversité ».

Une enquête inédite sur l’école inclusive et la scolarisation des enfants les plus vulnérables, menée directement de l’intérieur par une professeure des écoles, docteure en sociologie, qui éclaire les dysfonctionnements du système scolaire, de la continuité pédagogique durant la pandémie de Covid-19, tout en proposant des solutions.

Les réformes aux intentions les plus nobles et formellement bien conçues pour favoriser la scolarisation de tous les enfants et leur réussite peuvent défaillir du fait d’une mise en œuvre approximative. Dans cette enquête inédite sur l’école primaire et la scolarisation des enfants les plus vulnérables, Sylviane Corbion dresse un état des lieux des dysfonctionnements du système scolaire, qui ont été criants durant la pandémie du Coronavirus. Elle s’appuie pour cela sur des histoires de vie professionnelle d’enseignants du primaire dans des contextes sociodémographiques différents, sur ses expériences propres de professeure des écoles et sur les résultats de sa recherche doctorale.

Ce livre montre l’écart abyssal entre, d’un côté, les prescriptions et recommandations des politiques ministérielles, qui affichent le souci d’une école inclusive et bienveillante, et de l’autre, le travail des enseignants, peu formés, qui doivent faire preuve d’inventivité pour les élèves les plus vulnérables, dont les besoins éducatifs particuliers sont insuffisamment pris en compte.

Alors que la crise sanitaire est venue corroborer son travail approfondi, l’auteure contribue utilement au débat sur l’école inclusive et propose des principes d’action qui donnent à penser, et ouvrent des possibles.

(Résumé des Éditions Érès).

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PÉRIER Pierre (2019). Des parents invisibles. L’école face à la précarité familiale. PUF, pp. 288. Coll. « Éducation et société ».

Alors que l’institution scolaire promeut la coopération avec les parents comme un facteur clé de la réussite, force est de constater que certains sont jugés trop « éloignés » de l’école ou en décalage avec le rôle attendu. Le plus souvent membres des catégories sociales défavorisées, ces parents, conscients de l’enjeu scolaire, ne maîtrisent pas les règles du jeu qui s’imposent à eux. Ni présents ni représentés, ils restent invisibles et inaudibles. Après deux années d’enquête dans un quartier prioritaire à la rencontre de parents, d’élèves et d’enseignants, cet ouvrage montre les effets inégalitaires et le sentiment d’injustice qu’une telle politique de coopération peut provoquer dans les fractions précaires et immigrées des familles populaires. Il donne la parole à ceux que l’institution n’a pas l’habitude de voir ni d’entendre. Quelles sont les formes d’implication de ces parents, les raisons et conséquences de leur invisibilité ? Par quels mécanismes une politique animée des meilleures intentions se retourne-t-elle contre ceux-là mêmes qu’elle voudrait aider ?

Pierre Périer est sociologue, Professeur de sciences de l’éducation à l’Université Rennes II et chercheur au laboratoire CREAD. Il est notamment l’auteur de La socialisation professionnelle des enseignants du secondaire. Parcours, expériences, épreuves (PUR, 2012, avec Pascal Guibert) et Professeurs débutants. Les épreuves de l’enseignement (Puf, 2014).

(Résumé des Presses Universitaires de France, PUF).

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LAHIRE Bernard (dir.) (2019). Enfances de classe. De l’inégalité parmi les enfants.Paris. Éd. Du Seuil, pp. 1232.

Naissons-nous égaux ? Des plus matérielles aux plus culturelles, les inégalités sociales sont régulièrement mesurées et commentées, parfois dénoncées. Mais les discours, qu’ils soient savants ou politiques, restent souvent trop abstraits. Ce livre relève le défi de regarder à hauteur d’enfants les distances sociales afin de rendre visibles les contrastes saisissants dans leurs conditions concrètes d’existence.
Menée par un collectif de 17 chercheurs, entre 2014 et 2018, dans différentes villes de France, auprès de 35 enfants âgés de 5 à 6 ans issus des différentes fractions des classes populaires, moyennes et supérieures, l’enquête à l’origine de cet ouvrage est inédite, tant dans son dispositif méthodologique que dans ses modalités d’écriture, qui articulent portraits sociologiques et analyses théoriques. Son ambition est de faire sentir, en même temps que de faire comprendre, cette réalité incontournable : les enfants vivent au même moment dans la même société, mais pas dans le même monde.

Rendre raison des inégalités présentes dans l’enfance permet dès lors de retracer l’enfance des inégalités, autrement dit leur genèse et leur influence sur le destin social des individus. En donnant à voir ce qui est accessible aux uns et inaccessible aux autres, évident pour certains et impensable pour d’autres dans des domaines aussi différents que ceux du logement, de l’école, du langage, des loisirs, du sport, de l’alimentation ou de la santé, cet ouvrage met sous les yeux du lecteur l’écart entre des vies augmentées et des vies diminuées. Il éclaire les mécanismes profonds de la reproduction des inégalités dans la société française contemporaine, et apporte ainsi des connaissances utiles à la mise en œuvre de véritables politiques démocratiques.

Sous la direction de Bernard Lahire, professeur de sociologie à l’École normale supérieure de Lyon (Centre Max Weber) et membre senior de l’Institut universitaire de France, avec la collaboration de Julien Bertrand, Géraldine Bois, Martine Court, Sophie Denave, Frédérique Giraud, Gaële Henri-Panabière, Joël Laillier, Christine Mennesson, Charlotte Moquet, Sarah Nicaise, Claire Piluso, Aurélien Raynaud, Fanny Renard, Olivier Vanhée, Marianne Woollven et Emmanuelle Zolesio.

(Résumé des Éditions du Seuil).

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